10 AITO CHEZ LES SAS pendant la seconde guerre mondiale. Ils sont dix enfants des établissements français de l’Océanie (E.F.O), à rejoindre en 1943 les parachutistes du 1er bataillon d’infanterie de l’air (B.I.A). Paul Robineau dans son ouvrage sur les SAS calédoniens laisse entendre que les parachutistes tahitiens auraient été plus que 10, mais certains des volontaires auraient alors abandonné lors des difficiles sélections SAS et entrainements commando. Cependant dans une allocution de départ à l’adresse des volontaires parachutistes Loulou Spitz s’adresse bien à 10 volontaires tahitiens. Les 10 océaniens s’embarquent à Makatea sur le Trianza le 23 mars 1943 pour Auckland qu’ils touchent le 4 avril 1943. Des documents indiquent en effet que les volontaires parachutistes ont embarqué sur la goélette « Vaihere ». Le navire Trianza étant un phosphatier opérant sur Makatea, on peut penser en fait que les volontaires parachutistes tahitiens ont donc gagné préalablement Makatea sur la goélette Vaitere pour poursuivre le voyage vers Aukland. Ils quittent la Nouvelle Zélande le 27 mars 1943 sur le SS Monowai pour Glasgow où ils arrivent le 2 juin 1943.

Comme il était convenu, je me dirige vers elles, c’était pour prendre en charge le parachutiste Fateata Manarii qui, blessé à la jambe, et tahitien à cause de la couleur de sa peau aurait été facilement reconnu en cas de fouille, par l’ennemi et de ce fait aurait été un danger supplémentaire pour l’hôpital de Malestroit. Avec Manarii, tantôt marchant, tantôt transporté sur mon dos, nous quittons Saint- Marcel pour aller à travers la nature jusqu’à Le Pasdrun en Plumelec où notre blessé fut soigné et nourri par Joseph Brunel et sa fille. » Les tahitiens Pita Tihoni et Mahahe Orairai, tombent dans une embuscade et sont faits prisonniers ainsi que Tehaamoana, Tetuatea Marama, Tevaearai Paaheo, Etienne Colombani, Kiipuhia et Teai. Ils connaissent pour certains les traitements brutaux réservés aux SAS qui sont capturés, frappés voire torturés pour indiquer notamment à leurs tortionnaires les points de ralliement des groupes SAS après l’évacuation de Saint- Marcel. Ils sont transférés dans des stalags en Allemagne où ils seront libérés à la fin de la guerre. Lors de son retour avec les volontaires du bataillon du Pacifique sur le Sagittaire, Tehaamoana décède au large des côtes marquisiennes.

Les Tahitiens intègrent la Compagnie lourde du 1er BIA. Ils sont dirigés sur Ringway à la « parachute training school » où effectuant leurs sauts réglementaires, ils sont brevetés parachutistes.Ces jeunes polynésiens seront entrainés (stage commando) par les britanniques pendant plus d’un an, à Cirencester pour se préparer aux actions de guérilla sur les arrières de l’ennemi afin de pouvoir gêner leur progression vers les plages du débarquement. Ils sont parachutés en Bretagne avec le stick Juillard dans la nuit du 12 au 13 juin 1944 . Les S.A.S tahitiens procèdent à des actions de sabotage, encadrent et enseignent aux maquisards le maniement des armes. Les tahitiens sont en première ligne lors de l’attaque par les allemands du maquis de Saint- Marcel. Certains d’entre- eux blessés suivent l’évacuation de Saint- Marcel. Lors de l’évacuation, Fateata Manarii blessé est caché jusqu’à la libération de Vannes dans la famille de Joseph Brunel au Pasdrun. Louis Guillaume, agent de liaison témoigne : » Il y avait deux charrettes pour récupérer les blessés et aussi deux femmes infirmières.

Albert Colombani et Fateata Manarii ont échappé à la capture de l’évacuation de Saint Marcel. Fin août 1944, Albert Colombani mène dans la Loire avec le 4ème SAS les opérations motorisées de reconnaissance et de harcèlement des convois allemands (opération Spencer). Leurs jeeps Willis armées possèdent deux mitrailleuses jumelées Vickers à l’avant, une mitrailleuse Thompson sur pivot au centre et d’une autre à l’arrière. En décembre 1944, face à la contre-attaque allemande dans les Ardennes belges les deux frères d’armes tahitiens Albert Colombani et Fateata Manarii sont à nouveau réunis. L’offensive allemande des Ardennes stoppée, les SAS sont relevés et cantonnés en Champagne puis ils regagnent l’Angleterre. En avril 1945, les deux parachutistes tahitiens sont parachutés en Hollande avec 700 autres SAS (opération Amherst).

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